L’acuité de la crise structurelle du logement impose de reconstruire une économie mixte du logement du XXIème siècle, à même de réguler les marchés du logement qui devra se déployer sur deux axes : – Un secteur de l’habitat social locatif qui doit réinventer en profondeur ses modèles de fonctionnement et poursuivre son développement tendanciel – Un nouveau secteur d’habitat en propriété abordable, reposant sur le démembrement en BRS et la maîtrise du foncier par des entités d’intérêt général
Le constat politique d’une crise structurelle du logement – caractérisée notamment par l’augmentation non maîtrisée du coût du logement -, mais également de l’impuissance des politiques publiques dans ce domaine, tant au niveau local que national, conduit à interroger la pertinence du modèle mixte du logement français.
Pour autant, les imperfections des marchés du logement obligent à se défaire de l’illusion d’un marché autorégulateur qui pourrait par un simple « choc de l’offre » trouver un équilibre adapté à l’ensemble des besoins du pays.
L’économie du logement est nécessairement une économie mixte et régulée, permettant de compenser et corriger les imperfections des marchés du
logement et leurs conséquences sociales, économiques et urbaines.
L’économie sociale du logement est aujourd’hui un socle important du secteur. Elle est une composante du pacte social du pays. Elle souffre néanmoins d’une image fragile, de divisions internes profondes et d’un encadrement économique, réglementaire et administratif de plus en plus paralysant. Menacée d’une forme d’asphyxie, elle doit être confortée sur sa mission première, mais aussi réinventée en profondeur, via un projet radical de simplification et responsabilisation.
Cette réinvention seule, et l’augmentation du parc de logements sociaux, ne suffiront pas à corriger les déséquilibres structurels des marchés du logement en France. Il faut agir également sur d’autres maillons de la chaîne du logement. Les outils existent pour étendre les champs d’intervention, peser davantage sur les marchés du logement et compenser leurs déséquilibres.
L’accession à la propriété abordable en BRS – via le démembrement du foncier – est une clé pour répondre aux attentes des classes moyennes et fluidifier les parcours et le marché. Il faut massifier cette offre nouvelle pour débloquer la chaîne du logement et se donner des leviers de maîtrise des marchés locaux du logement.
Cette forme de logement abordable en propriété sera ainsi un outil structurant des politiques locales de l’habitat et un nouveau champ de développement de l’économie mixte du logement en France.
Cette économie mixte du logement du XXIème siècle pourra ainsi se déployer sur deux axes :
– Un secteur de l’habitat social locatif déjà important en France, qui doit réinventer en profondeur ses modèles de fonctionnement et de pilotage, et poursuivre son développement tendanciel pour continuer de répondre aux besoins des territoires
– Un nouveau secteur d’habitat en propriété abordable, reposant sur le démembrement de propriété en BRS et la maîtrise du foncier par des entités d’intérêt général, pouvant croître rapidement et agir durablement sur la modération des prix du logement.
L’acuité de la crise du logement crée une forme de rendez-vous obligé où le politique doit reprendre sa place. Il est temps de poser une vision claire, de faire des choix de long terme, et de reconstruire une économie mixte du logement, à la hauteur des défis du XXIème siècle.