Projet de réforme globale de l’école française (1er et second degré)
Projet de réforme globale de l’école française (1er et second degré)Inspiré des travaux de Philippe Meirieu, François Dubet, Edgar Morin, Antoine Prost, Céline Alvarez, Stanislas Dehaene et des expériences internationales réussies (Finlande, Singapour, Québec, Estonie).
I. Principes fondamentaux (Meirieu & Dubet)
L’école doit cesser d’être une machine à trier pour devenir un lieu d’émancipation et de construction commune du savoir (Meirieu).
La réussite de tous n’est pas un slogan mais une exigence démocratique : il faut réduire drastiquement l’écart entre les 15 % d’élèves qui décrochent et les autres (Dubet).
Refuser le dualisme « pédagogues vs républicains » : on peut à la fois transmettre des savoirs exigeants et respecter le rythme de chaque enfant.
Passer d’une logique de sélection précoce à une logique de différenciation continue et bienveillante tout au long de la scolarité.
II. Refonte du temps et des rythmes scolaires
Semaine de 4,5 jours partout dès la maternelle, avec des demi-journées plus courtes (fin à 15 h 15 maximum au primaire).
Année scolaire ramenée à 168 jours effectifs mais avec des vacances intermédiaires de 10 jours tous les 7 semaines (rythme 7-2 recommandé par la chronobiologie).
Deux heures quotidiennes d’activités physiques et artistiques obligatoires du CP à la 3e.
Pause méridienne de 90 minutes minimum avec repas pris en 30-40 min et temps de jeu libre ou organisé ensuite.
III. Pédagogie et programmes
Maternelle : langage oral intensif, manipulation, ateliers autonomes, 1 adulte pour 12 enfants maximum.
Primaire : fusion des cycles 2 et 3 en un « cycle des fondamentaux » de 5 ans (CP-CM2) avec trois piliers :
– Français et mathématiques leçon de choses (observation du réel)
– Mathématiques manipulées puis abstraites
– Éducation à la complexité (Morin) : projet interdisciplinaire tous les 15 jours.
Suppression des notes chiffrées jusqu’en 5e ; évaluation par compétences et portfolio numérique.
Collège unique rénové sur le modèle « collège des possibles » :
– Socle commun réduit à 60 % du temps
– 40 % du temps en modules à choix renouvelés tous les 8-10 semaines (théâtre, robotique, journalisme, agriculture urbaine, entrepreneuriat, latin, coding, etc.)
– Parcours personnalisés construits avec l’élève et la famille dès la 6e.
Lycée :
– Maintien des séries générales mais avec 50 % d’enseignements communs jusqu’en terminale (philosophie, histoire-géo, éducation à l’orientation, projet personnel).
– Création d’un « baccalauréat modulaire » où l’élève valide des unités capitalisables tout au long des trois ans, avec possibilité de redoublement partiel (un seul module).
– Réintroduction progressive du bac comme examen national mais à 60 % en contrôle continu certifié et 40 % en épreuves terminales.
IV. Formation et statut des enseignants
Recrutement au niveau master (M1 validé + concours rénové avec forte part pratique).
Formation initiale de deux ans en alternance rémunérée (50 % stage, 50 % cours).
Obligation de 60 heures annuelles de formation continue certifiée, avec libération de service.
Création d’un corps unique « professeur des écoles et collèges » pour faciliter la continuité pédagogique CP-3e.
Prime annuelle de 3 000 € pour les enseignants exerçant en éducation prioritaire ou en zone rurale isolée.
V. Architecture scolaire : une révolution nécessaire
Fin des « cages à poules » des années 1970 : tout établissement construit avant 1990 doit faire l’objet d’un audit architectural avant 2030.
Principe du « tiers lieu éducatif » : chaque école ou collège devient un campus ouvert avec :
– Une médiathèque troisième lieu ouverte jusqu’à 20 h et le week-end
– Un fablab / atelier arts et sciences
– Une cuisine pédagogique et un potager
– Des salles modulaires sur roulettes (murs amovibles, mobilier léger).
Classes de 20 élèves maximum en maternelle et primaire, 24 en collège et lycée (norme légale).
Suppression progressive des préfabriqués ; priorité aux matériaux biosourcés et à la ventilation naturelle.
Chaque classe possède une sortie directe sur l’extérieur (modèle finlandais) dès que possible.
Création de « maisons » ou « maisons d’élèves » à l’intérieur des grands collèges (300-400 élèves par maison avec son équipe éducative fixe).
Toitures végétalisées, cours oasis, murs végétaux anti-bruit : l’école doit redevenir un lieu de respiration dans la ville.
VI. Gouvernance et vie démocratique
Élection d’un conseil d’établissement par tiers (personnels, parents, élèves dès la 4e) avec pouvoir réel sur 15 % du budget et le projet d’établissement.
Création d’un poste de « référent vie lycéenne » rémunéré à mi-temps dans chaque lycée.
Droit à l’expérimentation pédagogique pendant 5 ans renouvelables, sur simple déclaration au rectorat.
VII. Financement
Objectif : porter l’effort éducatif à 7 % du PIB d’ici 2035 (contre 5,5 % aujourd’hui.
Taxe sur sur les géants du numérique