Fiers de notre France aux 1000 visages

A l’heure de la montée en puissance des discours d’extrême droite sur l’identité nationale, à l’heure où la parole raciste se libère, à l’heure d’une fracturation grandissante de notre société, alors que notre pays semble avoir perdu sa boussole, doute de lui-même, de son histoire, de son présent et de son futur, il est temps que les socialistes se réapproprient la question de la Nation. Non pas une Nation excluante, mais une Nation rassemblant les 1000 visages de la France, nos 1000 origines issus de tous les horizons, une Nation entretenant une relation apaisée avec son histoire, reconnaissant enfin l’apport des immigrés dans sa construction, une Nation intégrée à l’Europe, ouverte sur le monde.

Pour les socialistes, se réapproprier la notion de Nation, c’est permettre d’organiser les retrouvailles des individus avec le collectif. C’est redonner du sens au vivre ensemble, c’est construire une France apaisée, c’est permettre à chaque Français, quel que soit sa couleur de peau ou ses origines, quel que soit son milieu, de se sentir appartenir à un ensemble plus vaste, né des Lumières et de la Révolution française. Se réapproprier la notion de Nation, en tant que socialistes, c’est écrire une autre histoire, un autre présent, un autre futur que celui qui nous est proposé par les tenants d’une France rabougrie, fantasmée, coincée entre Charles Martel et Maurras. Les tenants de cette histoire là n’aiment pas la France telle qu’elle s’est construite depuis 1789. Les tenants de cette histoire là n’aiment pas la France d’aujourd’hui, les tenants de cette histoire là n’aiment pas nos 1000 visages.

Mais, en tant que socialistes, cette Nation française ne peut se concevoir que dans le cadre de l’Union européenne. Nous devons assumer de construire des identités multiples : à la fois de sa campagne, de sa ville, de son département, de sa région, descendants d’immigrés, tous Français, mais également profondément Européens, pour défendre le modèle de démocratie libérale et sociale que nous avons su construire ensemble sur ce continent.

Alexandre AUDEBERT