CINQUANTE ANS PLUS TARD : LA REFONDATION DU PARTI SOCIALISTE ,RAISONS ET OBJECTIFS

La refondation du P.S est nécessaire : il ne suffit pas « d’actualiser « notre programme, de le relire et de le corriger…quand bien même les récents débats parlementaires ont renforcé sa légitimité, car c’est loin d’être suffisant. Il faut recréer autour du P.S refondé un élan identique à celui qu’il a connu dans l’opinion française au début des années soixante-dix, qui conduisit au succès de 1981 dans le cadre de l’Union de la Gauche. Mais le contexte a profondément changé. A l’INTERIEUR de nos frontières ( comme dans nombre de pays européens) l’extrême droite séduit durablement un bon tiers des Français, et une partie de la « droite républicaine ». De plus la participation électorale est marquée par un taux croissant d’abstention. Les élus nationaux n’ont pas de crédit dans l’opinion publique. Il faut non pas que le P.S. se tourne vers le centre-gauche pour le séduire, mais qu’il devienne le centre prépondérant de la Gauche, qu’il attire et intègre nombre de
mouvements, clubs et cercles, partis groupusculaires.. Le Contexte INTERNATIONAL a profondément changé. La guerre internationale a de nouveau éclaté en Europe pour satisfaire les ambitions impérialistes affichées de V.Poutine. Les U.S.A. se sont désolidarisés de l’Europe, et veulent même l’entraver, voire la
déconstruire (sous D.Trump). La Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale et sans doute militaire. Nombre de puissances moyennes sont apparues en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud, et contestent l’ordre international qui s’est imposé après la seconde guerre mondiale, dans le climat d’une opposition entre l’Occident, sous la ferme tutelle des U.S.A, et de l’U.R.S.S . Le « socialisme » ne séduit plus : il a été revendiqué par
tant de dictateurs, et conduit à tant d’échecs économiques. La FRANCE est devenue une PUISSANCE MOYENNE. L’Europe en regroupe plusieurs dans
une union tiraillée entre des intérêts économiques divergents, et même des orientations politiques internes et externes contradictoires. La refondation du P.S. doit se faire en tenant compte de ce nouveau contexte international, et prendre part à la construction d’un nouvel ordre international,- avec l’Europe si possible et pour le mieux-, dans lequel les traces institutionnelles de la domination de l’Occident  seraient abolies (F.M.I, Banque Mondiale,..). Les nouvelles puissances moyennes n’entendent pas être réduites à des rôles de vassaux dans les nouveaux empires. Cette refondation doit aussi tenir compte de l’évolution des MENTALITES françaises : un grand scepticisme sur l’efficacité de l’action publique, une perte de crédibilité des hommes politiques, et une moindre tolérance à l’égard de l’impôt dont le niveau est jugé élevé, des craintes justifiées ou infondées sur l’insécurité, des préjugés tenaces sur l’immigration… Elle doit aussi tenir compte de l’élévation de la formation au cours de ces 40 ans dans l’électorat français. Il en résulte une grande conscience de l’urgence de la BIFURCATION ECOLOGIQUE. L’opinion publique est aussi consciente de la situation très dégradée des FINANCES PUBLIQUES, si elle n’est pas encore consciente du tribut qu’il faut verser annuellement aux organismes financiers, ses créanciers, dont la moitié sont étrangers, leur procurant ainsi chaque année des moyens considérables et croissants pour intervenir selon leurs seuls intérêts dans l’économie française, européenne et mondiale, qui est de plus en plus financiarisée. Nos concitoyens se plaignent de la dégradation des SERVICES PUBLICS (Education Nationale, Santé, etc..) dont la numérisation a parfois été conduite sans discernement. Ils constatent la dégradation de notre patrimoine public (ponts, réseaux de distribution de l’eau, bâtiments scolaires,..) ou encore le défaut d’entretien de notre patrimoine national (Chambord, Le Louvre,..). La recherche de l’efficacité de l’efficacité des Services Publics doit être menée davantage par des réformes internes (v-g. pédagogie dans
l’enseignement,..)que par de nouveaux moyens, humains ou financiers. Et pourtant nos concitoyens savent se réjouir ensemble du succès des J.O., de la restauration rapide et remarquable de N.D. de Paris. Il faut donc les rassembler autour d’une ambition forte, non pas pour refaire le monde ou proposer des chimères
révolutionnaires. D’une part il faut développer la DEMOCRATIE PARTICIPATIVE. Beaucoup de candidats aux prochaine élections municipales en affichent l’ambition, souvent avec le concours d’anciens militants du P.S. Cette démocratie participative peut aisément se développer au niveau national. Nous disposons d’abord de nombreux organismes qui publient des rapports informés et clairvoyants : la Cour des Comptes, le Comité Economique et Social, etc.. .Les organes décisionnaires, Parlement et Gouvernement, doivent les mettre davantage en valeur, par des réceptions officielles de leurs travaux par exemple, et tenir compte
davantage de leurs recommandations. Nous pouvons aussi organiser des conférences citoyennes comme il s’en est déjà tenu, mais avec plus de respect pour leurs
préconisations. La VIE MILITANTE du P.S. aux différents niveaux locaux comme au niveau national doit également s’en inspirer en ayant des contacts fréquents et publics avec les nombreuses associations et mouvements qui oeuvrent au niveau local, en y étant peut-être actif dans chercher à en prendre le contrôle, sans nier leur autonomie. Notre vie politique ( interne au moins) a commencé à prendre en considération la prolifération des canaux de diffusion de l’information, qui répandent sans vergogne fausses nouvelles et dénonciation de complots..

Bernard Delebecque