Pour une économie socialiste du XXIe siècle

En comptabilité, il y a l’actif (ce qui fait gagner de l’argent à une entreprise) et le passif (ce qui coûte de l’argent à une entreprise). Ces deux éléments constituent le bilan comptable d’une entreprise. Si le bilan est positif, alors l’entreprise est en plus ou moins bonne santé financière, sinon sa santé financière est mauvaise.

Au niveau public, on appelle cela le budget.

Or, si la protection sociale est au passif du budget, elle est financée par l’impôt. Or, avec l’impôt, s’ajoute le phénomène d’aversion à la perte, un biais cognitif assez connu. Cela signifie qu’une partie significative des contribuables préféreront effectuer de l’optimisation fiscale et de l’évasion fiscale plutôt que de payer des impôts.

Du coup, il faut embaucher des fonctionnaires pour contrôler cela, ce qui engendre un coût. Par ce processus, il y aura toujours une déperdition en ressource financière.

De plus, si l’impôt est élevé, il se répercute forcément sur les produits et services vendus par les entreprises françaises

Dès lors, comment l’Etat, et les collectivités locales, peuvent-ils obtenir des ressources sans forcément passer par l’impôt? Pour moi, il est nécessaire de nouer avec un capitalisme public.

Le principe de ce capitalisme public est qu’il vise en partie le profit, mais pas seulement, il poursuit aussi des objectifs publics, comme le social et de nationaliser ce que l’Etat et les collectivités locales payent indirectement aux entreprises et propriétaires bailleurs par le biais des personnes aux minimas sociaux, par exemple.

Par exemple, disons qu’un individu reçoive différentes aides, dont le RSA. Or, cet individu doit payer son loyer, son alimentation, ses vêtements… ainsi, indirectement, l’Etat subventionne une partie du secteur privé. Quelque part, c’est ce qu’on appelle la socialisation des pertes et la privatisation des profits.

Du coup, si l’Etat subventionne une partie de l’économie, alors je considère logique que l’Etat nationalise une partie des entreprises, et que les collectivités locales en possèdent une partie.

Pour moi, si les APL financent tel pourcentage des loyers en France, alors pour moi il est logique que tel pourcentage du parc immobiliser soit collectivisé.

Pour moi, cela doit s’appliquer au secteur de l’alimentation, de l’immobilier, de l’habillement….

Ainsi, l’Etat et les collectivités locales auront des ressources propres, sans devoir en passer par l’impôt.

Au niveau de l’Etat, trois instances incarnent déjà ce capitalisme public:

La CDC (Caisse des dépôts et consignations) construit 40% des logements neufs en France, et avait un actif de 1.000 milliards d’euros.

la BPI France permet d’investir dans l’économie française.

Enfin, l’APE (Agence des participation de l’Etat) permet de prendre des parts d’entreprises.

En 2024 et 2025, l’APE a versé 6,5 milliards d’euros au budget de l’Etat. Cela signifie que si l’Etat contrôlait financièrement assez d’entreprises par le biais de l’APE, alors le budget de l’Etat serait à l’équilibre voire excédentaire, et pourrait financer à la fois le social et l’environnemental, et ce sans en passer par l’impôt. Cela pourrait aussi se faire pour les collectivités locales.

Alban SALLIOT