Le statut d’EPE est un statut, à bien des égards, discutable, et son usage encore plus. Néanmoins, sa flexibilité permet d’innover en matière de méthodes d’organisation, non pas dans une logique libérale, mais dans une logique d’amélioration du service et d’adaptation du service aux différents profils des usagers.
Cette contribution propose trois usages de ce statut.
1) Université ouverte
Le statut d’EPE pourrait être utilisé pour créer une université ouverte, pensée pour les publics qui ne rentrent pas dans le moule de l’université en présentiel : salarié·es, aidant·es, personnes en situation de handicap, étudiant·es éloigné·es géographiquement, personnes reprenant des études, etc.
Cours majoritairement en ligne et asynchrones.
Organisation en modules capitalisables d’ECTS plutôt qu’en années rigides, pour avancer à son rythme.
Tarification : un service public numérique à des tarifs plus bas que les formations en ligne actuelles.
2) Université avec des cours « à l’américaine »
Le statut d’EPE pourrait être utilisé pour créer une université avec des cours « à l’américaine », c’est-à-dire offrant un large choix de cours et une pluridisciplinarité en début de cursus pour faciliter la réorientation. En revanche, il ne faut pas que les coûts d’étude soient ceux des États-Unis.
3) Université autogérée
Enfin, un EPE pourrait assumer une expérimentation plus politique : une université autogérée, dans l’héritage des expériences de Vincennes.
Gouvernance partagée entre étudiant·es, personnels et enseignant·es (assemblées, mandats tournants).
Cours et séminaires co-construits : les étudiant·es peuvent proposer des contenus, des formats, des projets.
Validation par ECTS attribués à des séminaires, projets, enquêtes, ateliers, avec un jury collégial de fin de licence (soutenance d’un dossier/portefeuille de travaux).
Licences expérimentales en arts, lettres, philosophie, sciences sociales, avec des intitulés de parcours définis avec le jury (ex. : « Licence expérimentale en sociologie parcours ville et conflictualités sociales
Andreas Mulard