Depuis 2007, les réformes de la formation des enseignant-es se succèdent au gré des nominations ministérielles.
Si on peut trouver dans la contribution qui suit des éléments de dispositifs antérieurs (épreuve préprofessionnelle inscrite à l’oral du CAPES depuis 1992, maquettes des masters métiers de l’éducation des ESPE et INSPE…), cette contribution s’en éloigne aussi et diffère notamment avec la Réforme Borne (CAPES durant l’année de L3, ce qui ne garantit aucunement des compétences scientifiques suffisantes) et avec les précédentes maquettes des MEEF métiers de l’éducation.
Afin de contribuer à l’attractivité du métier, nous proposons de mettre en place un véritable concours de pré-recrutement, à l’image du concours des IPES, créé en 1957 et supprimé par le gouvernement Barre en 1978. Les objectifs en 2025, comme en 1957, sont bien d’attirer les étudiants, en particulier, ceux des classes populaires et peut être enfin de pourvoir tous les postes.
Voici quelques pistes…
– Ce concours, académique ou national, pourrait être ouvert aux étudiants de fin de 1ère ou/et de 2ème année de CPGE ou de L1/L2.
– Seraient uniquement évaluées des compétences universitaires : dissertation en lettres et langues, traduction en langues…par exemple
– Les lauréats percevraient alors une rémunération d’élèves professeurs correspondant à un indice qui reste à déterminer (à titre d’exemple : indice 230 brut pour les IPESsiens de jadis).
– Comme les IPESsiens, les lauréats se verraient dispensés des épreuves écrites du CAPES mais non des épreuves orales.
– Leur scolarité à partir de la réussite au concours de pré-recrutement, se composerait de deux volets : la poursuite de l’acquisition d’un haut niveau de qualification scientifique disciplinaire à l’université, une formation pédagogique et didactique au sein d’un établissement du 2ème degré.
– Ils pourraient se présenter au CAPES en fin de Master 1. Les épreuves, à parts égales, évalueraient le niveau de qualification scientifique et,…celui de la formation pédagogique reçue « sur le terrain », en alternance, au sein d’un établissement scolaire.
– On a compris que pour les besoins de formation, l’élève professeur pourra et devra assumer des cours en pleine responsabilité, en présence du maître formateur.
Ceci pour la forme.
Pour ce qui est du fond,
– la formation seraient dispensés, en alternance par les professeurs enseignant à l’université et, concernant la didactique et la pédagogie, exclusivement par les professeurs du second degré qui opéreraient « sur le terrain », c’est-à-dire au sein d’un établissement scolaire, au titre de maître formateur. Ces derniers seraient de droit membres du jury pour la délivrance de la Licence et du Master 1. Nous misons ici sur transmission.
– Les maîtres formateurs ou « tuteurs » seraient recrutés par les IA-IPR dans le vivier des formateurs ayant l’habilitation ou parmi les professeurs chevronnés reconnus. Un regard particulier devrait être porté sur les professeurs en fin de carrière dont l’expérience est indéniable.
– Les territoires des académies devraient être particulièrement bien maillés afin d’éviter tout déplacement des élèves professeurs et ainsi favoriser de bonnes conditions de travail.
– Les maîtres formateurs ou « tuteurs » seraient déchargés d’une partie de leurs cours afin de d’accompagner sereinement l’élève professeur, dans la préparation des séquences pédagogiques, et, après l’heure de mise en œuvre de ladite séquence, aux « leçons à tirer » de cette mise en œuvre. Ce travail pédagogique sera mis en contexte au regard des réflexions et expériences attestées par la littérature didactique très féconde en France notamment.
– Le maître formateur aura à cœur d’insérer le professeur-élève dans l’établissement, de l’associer comme auditeur aux organes consultatifs et décisionnaires, et d’établir un « continuum » dans sa formation grâce aux périodes d’alternance dans l’établissement dont les durées, pour être productives, pourraient être au minimum de six semaines.
Ce dispositif mis en débat a un coût, mais il s’agit d’un investissement éducatif.
Georges SERRA