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Augmentation généralisée des salaires de 4% en 2026

L’augmentation du SMIC horaire ainsi que celle du point d’indice des fonctionnaires de 4% sous menace de censure à l’Assemblée nationale, avec pour objectif, une augmentation générale des salaires et la révision à la hausse de toutes les grilles conventionnelles. Le gel de la réforme des retraites est un formidable succès personnel d’Olivier Faure, il ne faut pas hésiter à gouter son plaisir sans modération, ça va profiter à des millions de Français, mais l’augmentation du SMIC et du point d’indice des fonctionnaires serait une formidable référence au quinquennat de Lionel Jospin de 1997 à 2002 et à sa première décision dès sa nomination comme Premier ministre. Ce serait utile à encore plus de millions de Français. Indirectement, à la totalité des français, grâce au retour de la marche avant pour l’économie française, en marche arrière depuis 2002, qui profiteront du retour de la croissance de la productivité horaire du travail, après 23 ans de stagnation et 3 ans de régression (2021, 2022 et 2023), sans oublier les régressions de 2008 et 2009. En effet, depuis le début de l’ère industrielle, la hausse des salaires est un puissant levier d’augmentation de la productivité horaire du travail, statistiquement directement lié à la croissance du PIB, et, moins directement, mais logiquement lié à l’augmentation de la consommation.

  • L’augmentation du SMIC n’est pas un coût pour l’Etat, mais pour les entreprises qui compenseront, comme elles l’ont toujours fait avant 2002, par l’augmentation de la productivité horaire du travail. En effet, quand le coût du travail augmente (augmentation des salaires), il suffit d’augmenter la Valeur Ajoutée Produite par Heure de travail, annuler l’impact sur les finances des entreprises. Réciproquement, toute baisse du coût du travail est, de fait, une baisse des salaires et/ou des revenus, qui décourage tous les investissements permettant d’améliorer la productivité, c’est ce qui provoque la mise en marche arrière de la France depuis 2002.
  • L’augmentation générale des salaires est, au contraire, source d’une forte augmentation des ressources de l’Etat grâce à l’augmentation des cotisations sociales sur les salaires (retraite, santé, famille, accidents du travail, chômage…), mais aussi à l’augmentation de la TVA perçue, grâce à l’augmentation de la consommation.
  • L’augmentation du point d’indice des fonctionnaires est, bien sûr, un coût pour l’Etat, mais largement compensé par l’augmentation des recettes liées à la hausse généralisée des salaires. Il faudra néanmoins que l’Etat aussi compense l’augmentation des salaires des fonctionnaires par une hausse de sa productivité horaire du travail, en commençant par mesurer la Valeur Ajoutée des Services Publics, ce qui n’est pas fait aujourd’hui par l’INSEE. Pour l’instant, l’INSEE considère que la Valeur Ajoutée d’un Service Public, c’est simplement la somme des salaires des fonctionnaires : c’est une approximation qui peut se comprendre, mais qui a beaucoup d’effets pervers, entre autre parce qu’il ne permet pas aux syndicats de fonctionnaires de justifier des demandes de hausse de salaire. Dans le privé, des syndicats « intelligents » (oxymore ?) pourraient utiliser la hausse la productivité pour justifier des hausses de salaires : si une heure de travail « produit » plus, alors elle peut et doit « coûter » plus !

NOEL DAURIAN