5- Pilotage des systèmes – Hiérarchie
A une époque où les entreprises et même certains secteurs de la fonction publique ont compris que la gestion des ressources humaines en 2025 nécessite des pratiques d’association et de « bien-être au travail » des salariés, très nouvelles, l’Education conserve ses structures hiérarchisées militaires héritées de Napoléon et une indigence délétère en ce qui concerne les procédures d’acculturation et de concertation entre collègues.
Du point de vue pédagogique, nous avons conservé des contradictions ingérables : L’enseignant est maitre dans sa classe mais se retrouve infantilisé comme un élève dès qu’il s’agit de stratégie pédagogique face aux inspecteurs.
PROPOSITION : Hormis les revendications classiques de temps de concertation inscrit au temps de service des enseignants qui suppose de repenser totalement le cadre horaire de ces services, il est plus que temps de modifier les structures hiérarchiques du système.
C’est d’abord dans le primaire que la nature des relations entre IEN de circonscription et enseignants doit être complètement repensée. Favoriser les pratiques d’innovation ne passe aucunement par un schéma vertical où les IEN transmettent leurs préconisations. La question des directeurs(trices) d’école doit être revue en en faisant réellement des chefs d’établissement capables de motiver, instrumenter, dynamiser leurs équipes.
Dans ces conditions de définition nouvelle des directeurs(trices) d’école la structuration en circo. a du sens, surtout en zone rurale où l’on n’imagine pas un directeur(trice) par école, mais ne nécessite absolument pas la présence d’un IEN qui par définition n’est pas un acteur de la pédagogie quotidienne.
Dans le secondaire, il est nécessaire de redéfinir la capacité des conseils pédagogiques à concevoir pour leur public scolaire les fins et moyens des décisions pédagogiques. Les IPR deviennent dans ce cadre de réels « conseils » pour une organisation collective. Les opérations de gestion des carrières des enseignants peuvent être confiées entièrement aux établissements scolaires. Pourquoi pas un adjoint au chef d’établissement chargé des ressources humaines ? Pour les petits établissements cette fonction peut être mutualisée. De même un adjoint aux affaires scolaires (orientation, suivi pédagogique…) peut tout à fait être imaginé.
En résumé, il devient vital de penser des organisations hiérarchiques de terrain qui permettent à chaque collectif de travail de définir ses conditions d’exercice.
6- Points divers
– Les conseils de classe sont des instances vieillotes qui ne permettent plus de suivre les scolarités d’élèves. On préfèrera des conseils de suivi des parcours individuels dont l’organisation dans le temps et l’espace doit être pensée par les équipes de terrain.
– Il est temps que la présidence des conseils d’administration des établissements scolaires soit confiée à des personnes choisies dans la vie civile pour rapprocher les collèges et les lycées de leur environnement socio-économique. Il n’y a guère que l’éducation nationale pour avoir introduit cette confusion entre la direction fonctionnelle et l’administration politique d’un établissement. Le chef d’établissement est clairement « juge et partie » ce qui ne favorise ni l’innovation ni la gestion quotidienne.
– La réintroduction de temps d’enseignements au collège où l’élève peut manipuler, agir sur la matière, avoir une action de type physique plus qu’intellectuelle est particulièrement nécessaire aujourd’hui. (cuisine, métal, bois, jardinage, constructions diverses…) Ces temps d’enseignement peuvent être optionnels et mis au choix avec les enseignements artistiques (musique et Arts plastiques) considérant que les exigences dans chacune de ces options seraient plus importantes en relation avec le choix libre des élèves. L’impossibilité d’approfondir la musique et les arts en établissements scolaire pour ceux qui le veulent, est une lacune béante de l’éducation Française.
Robert Poisson