Comptes Publics :

La gravité de la situation des finances publiques françaises est largement reconnue tant dans le pays qu’à l’étranger. L’attitude des formations politiques nationales à ce sujet sera sans doute d’un grand poids dans les motivations des électeurs lors des prochaines échéances. La néglicence constante de la limite à 3% du déficit budgétaire,- retenue pour discipline collective au sein de la zone de l’euro-, a longtemps été tolérée. De même l’aggravation constante, corrélative, du poids de la dette publique, désormais aux environs de 120 % du P.I.B., l’une des plus lourdes dans la zone de l’euro. Réduire le déficit budgétaire ne suffit pas : il faut le résorber au plus vite pour mettre un terme à l’alourdissement du service de la dette : les intérêts à payer aux créanciers. Son aggravation n’est pas seulement nominale (ou apparente), elle est aussi réelle car le taux de l’inflation est inférieur aux taux (croissants) auxquels les nouveaux emprunts sont désormais souscrits. Elle hisse ce poids au rang du deuxième poste budgétaire ; cet argent public pourrait autrement être dépensé… Cette situation est doublement dommageable. D’abord car elle signifie une « redistribution inversée » : par l’impôt payé par les contribuables (v-g : T.V.A ..) on accroît les revenus des créanciers de l’Etat français,..qui ne
se trouvent pas parmi les plus pauvres. Ensuite parce que la moitié de ces titres de créance sur l’Etat français est détenue par des créanciers étrangers (fonds de pension, sociétés d’assurance fonds d’investissement. Il s’agit là d’un véritable tribut annuel payé aux financiers internationaux.