Création d’une garantie d’autonomie jeunesse

La jeunesse est aujourd’hui confrontée à une précarité structurelle liée à la fragmentation des dispositifs d’aide, à leur complexité et à leur caractère souvent inadapté aux parcours réels. Une partie importante des jeunes ne dispose pas de ressources propres, reste dépendante de son environnement familial et subit de fortes inégalités territoriales, notamment en matière d’accès aux transports, à l’emploi et aux soins. Dans ce contexte, la garantie d’autonomie jeunesse vise à refonder l’action publique autour d’un principe d’équilibre entre droits et engagement, en assurant un socle de sécurité tout en accompagnant activement les parcours.

La première composante de cette garantie repose sur la mise en place d’un revenu minimum accessible dès 18 ans, conditionné à une démarche d’insertion, de formation, d’étude ou d’engagement. Ce revenu, dont le montant serait compris entre 800 et 1 000 euros mensuels selon les ressources individuelles, serait individualisé afin de rompre avec la dépendance aux revenus parentaux. Les conditions d’accès ne doivent pas être punitives mais constituer un cadre d’accompagnement : inscription dans un parcours de formation, recherche active d’emploi, service civique, engagement associatif ou projet professionnel. Cette logique permet de garantir un droit à l’autonomie tout en valorisant l’activité.

La deuxième composante concerne l’accès automatique aux droits sociaux. Le non-recours aux aides constitue un problème majeur, notamment chez les jeunes. La mise en place d’un guichet unique, articulé entre outils numériques et présence physique dans les territoires, permettrait d’automatiser l’ouverture des droits aux aides au logement, à la santé ou à la mobilité.

La troisième composante porte sur la santé mentale, dont la dégradation chez les jeunes est désormais largement documentée. L’extension des dispositifs existants à l’ensemble des 10–25 ans, avec une prise en charge intégrale des consultations psychologiques, doit s’accompagner d’un maillage territorial renforcé. L’objectif est de garantir un accès rapide et gratuit à des professionnels, notamment dans les établissements scolaires, universitaires et les structures d’accompagnement.

La quatrième composante concerne le droit à la mobilité. Dans de nombreux territoires, en particulier ruraux, l’absence de transports constitue un frein majeur à l’accès à l’emploi, à la formation et aux services publics. La mise en place de tarifs solidaires à l’échelle nationale, pouvant aller jusqu’à la gratuité pour les jeunes les plus précaires, ainsi que le développement de l’offre dans les zones peu desservies, permettraient de corriger ces inégalités structurelles.

Enfin, cette garantie s’inscrit dans une logique de reconnaissance de la jeunesse comme acteur démocratique. L’abaissement du droit de vote à 16 ans et le renforcement des instances de participation visent à associer pleinement les jeunes aux décisions qui les concernent.

Noa Besacier Sahyt