Les seuils créent des inégalités et des blocages que l’IA pourrait nous épargner
Seuils
Nos repères économiques, sociaux, réglementaires et même environnementaux, s’organisent par seuils successifs. Les impôts sont calculés par tranches de revenus et il suffit d’un euro pour changer de tranche. La plupart des droits sociaux, accès à des aides ou à tel type de logement, sont limités à des tranches de revenus définies de manière discrète, c’est-à-dire non continue. Dans les entreprises, certaines mesures sociales dépendent, à l’unité près, du nombre de salariés comme, par exemple, l’existence ou non d’un comité d’établissement. Il en est de même dans les dosages admis de pratiques ou de matières dangereuses ou nuisibles que les collectivités ou les entreprises peuvent utiliser ou rejeter. Cela peut conduire à des situations regrettables où, telle ou telle institution préférera s’en tenir à une pratique habituelle plutôt que de franchir de très peu le seuil autorisé, ce qui lui permettrait de progresser mais la ferait changer de catégorie sans pour autant que cela présente les inconvénients attribués à la classe suivante tout entière.
Nous avons maintenant les capacités d’évaluer de manière continue toutes sortes de phénomènes, grâce aux modes de calcul (algorithmes) que nous permet l’informatique. Les calculs d’imposition comme les dosages, les évaluations démographiques ou numériques ne nous obligent plus à utiliser les tableaux et les registres du temps de la plume sergent-major, pas plus que de la règle à calcul, pour situer un fait, un droit ou une obligation dans un système continu.
Nous devrions profiter davantage de ce que nous ouvre l’intelligence artificielle pour mieux évaluer comment fonctionne, vit et évolue notre environnement.
Jean BONNIER