Synthèse de la contribution de la section Nord du PS de Rennes après les échanges en réunion de section le 18 novembre 2025.
Cadre d’action : « Maintenant le projet dans les fédés. »
1°) Constat
La Loi Lamy, du 21 février 2014 a donné un cadre positif à l’expression des habitants des QPV, les Quartiers Prioritaires de la Politique de la Ville. Elle a été, notamment, à l’origine de la création des Conseils Citoyens composés d’habitants et d’acteurs locaux des QPV.
Un peu plus de 10 ans plus tard et en tenant compte des difficultés rencontrées par beaucoup de conseils citoyens – notamment pendant la période du COVD -, pour perdurer dans leur mission de portes paroles des habitants des 1 609 QPV – chiffre de 2025 -, il est temps, dans le cadre du projet du PS, de réfléchir à ces expériences et de donner un second souffle à la politique de la ville, tout particulièrement dans le domaine humain et social.
Car, si le préalable de la rénovation immobilière, faite avec la coordination de l’ANRU – Agence Nationale de Rénovation Urbaine -, était et est toujours est une indispensable étape pour créer un nouveau cadre de vie et s’adapter progressivement au réchauffement et à la transition climatique, les évènements – émeutes -, de juin – juillet 2023 ont bien mis en évidence que cela ne suffit plus !
Il est maintenant nécessaire de favoriser le mieux vivre ensemble et les initiatives des habitants des QPV
2°) La nouvelle étape
Maintenant que pour les 1 609 QPV de notre pays, les principales opérations de renouvellement urbain – au plan immobilier, des bâtiments annexes et des cheminements autour des bâtiments -, sont, soit très bien engagées et en voie de finition pour une bonne partie des QPV, soit bien tracées et programmées d’ici fin 2028 – 2030 pour la partie restante des autres QPV, il est impératif de concevoir une sorte de projet « ANRU social et humain » ( appellation non définitive, et à affiner, autant que de besoin ) qui mettrait l’accent sur les transformations sociales et humaines pour la vie quotidienne des habitants de tous les QPV de note pays.
Si la rénovation urbanistique et immobilière des logements collectifs était une étape indispensable et incontournable pour réhabiliter les QPV, elle ne suffira pas pour rétablir une vie harmonieuse dans ces quartiers où sévissent les inégalités de salaire, d’éducation, de formation, d’accès aux services publics, à la santé, à la sérénité des déplacements dans ces quartiers rongés par le narcotrafic, etc….
Si ces calamités continuent à perdurer du fait des trafics en tout genre, de la violence, des difficultés rencontrées dans la vie quotidienne pour l’accès à la santé, aux services publics, à l’éducation, à la citoyenneté, à la culture, etc…, du fait des faibles ressources des résidents et de la concentration des niveaux de pauvreté dans les QPV, les centaines de millions d’€ investis dans la rénovation immobilière seront lentement, mais surement, gaspillés en vain.
3°) Définition des objectifs de cette nouvelle étape
Il s’agit donc de réfléchir à une nouvelle forme de grand projet en fédérant et en coordonnant les différentes opérations déjà en cours – telles que les cités éducatives, les cités de l’emploi, les quartiers de la reconquête républicaine des QPV et les villes à sécurité renforcée, les projets locaux – communaux, intercommunaux et métropolitains -, de la politique de la ville, les projets de rénovations scolaires du Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine, les nouveaux Espaces Sociaux Communs et équivalents, les opérations type « loyer unique », les actions « Territoire Zéro Chômeurs de Longue Durée », l’opération « zéro non recours aux prestations sociales », la lutte contre la pauvreté menée par certaines ONG et mouvements, etc…, etc… -, et toutes celles envisagées et à venir dans les toutes prochaines années pour qu’ils et elles travaillent ensemble dans une même direction et contribuent tous ensemble à favoriser l’amélioration de la vie sociale et humaine des habitats de tous les QPV de notre pays.
Cette harmonisation des actions et cette définition collective des objectifs et des moyens de ce nouvel « ANRU social et humain » doit constituer l’ossature du second souffle de la LOI Lamy.
4°) Expérimentation et mise en œuvre progressive de cette 2ème phase
Une fois le projet validé par toutes les fédés et la nouvelle LOI votée, il conviendra d’associer les habitants des QPV à cette nouvelle phase et de prévoir des étapes de mise en œuvre progressive :
- Management général du projet selon les méthodes qui associent les habitants, les utilisateurs et les bénéficiaires terminaux.
- Petit nombre de communes candidates à l‘expérimentation initiale.
- Groupe de projet locaux et groupes utilisateurs
- Bilans d’étapes intermédiaires avant déploiement national
- Etc.
5°) Faire des propositions pour améliorer la contribution effective des habitants des QPV à leur prise de parole
Des idées à creuser :
- Un quota de 5 à 10% d’habitants résidant en périphérie immédiate des périmètres des QPV pour pallier aux grandes difficultés que les habitants des QPV rencontrent pour s’investir à moyen terme -1 à 3 ans – dans les structures de représentation des habitants des QPV – type Conseil citoyen -, à cause de la précarité de leur existence et de leurs faibles moyens de vivre : RSA, préoccupations axées sur le quotidien, sur le repas du soir à garantir aux enfants, précarité des parents « solo », etc… .
- Pour éviter le délaissement de responsabilités au sein du conseil serait-il possible d’alterner les horaires car ce n’est pas le même public selon les temps de la journée, les uns pouvant aider les autres. Ça pourrait faire partie du mandat d’avoir un éventuel remplaçant en cas de départ.
- La participation des représentants des habitants aux comités pourrait donner lieu à des compensations et aménagements à l’instar de ce qui est pratiqué pour la participation aux jurys d’assises par exemple.
- Un accompagnement spécifique pourrait être proposé pour l’élaboration et le suivi des dossiers.
- Des experts disponibles (attention à ne pas rentrer dans une logique de substitution !).
- Des retraités pourraient être mobilisés pour valoriser leur savoir-faire.
- Des tutorats ( bénéficiant par exemple de « congés formation » pour les salariés ), avec compensation à déterminer pour l’employeur.
- Un outillage spécifique (en valorisant l’IA par exemple pour une application ciblée)
- Un partage des initiatives (un fonds documentaire national par exemple, avec des outils de recherche) et une ouverture aux expériences internationales.
Reste la question ouverte de la transmission de l’expérience / renouvellement des participants. Il faut du temps et de la disponibilité…a minima, un binôme ancien – nouveau pourrait être systématisé.
Etc.
Nota pour la ville de Rennes :
La ville de Rennes, qui a une bonne expérience depuis 2015 de la Loi Lamy pourrait être candidate à ce projet fédérateur et devenir une sorte de « référence » communale, pour sa strate – les métropoles -, de ce qui peut être réalisé dans ce domaine, – Conseil Citoyen depuis le 2 juin 2015, Loyer Unique, Bail Réel Solidaire, etc…, et les 5 QPV de Rennes pourrait être, dans cette perspective, des quartiers prioritaires « repères » de ce nouvel « ANRU social et humain » pour ce niveau de population au plan national.
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Claude FOUQUÉ