À l’heure où sont publiés les résultats de la consultation citoyenne sur l’École, il serait également nécessaire d’aborder l’Éducation nationale à travers ses personnels, et non uniquement sous le prisme des élèves. Les enseignants sont avant tout des travailleurs, qui doivent être rémunérés à leur juste valeur, sans que l’on invoque en permanence l’argument de la vocation pour justifier des conditions indignes.
Les enseignants ont des droits. Quelle autre profession accepterait que son temps de travail et son organisation soient sans cesse modifiés ? Quelle entreprise de plus de 800 000 salariés tolérerait l’absence de médecine du travail, de comité d’entreprise ou d’une mutuelle digne de ce nom ?
Certes, c’est un métier magnifique, mais les factures ne se règlent pas avec le sourire des enfants.
Il faut également s’interroger sur la quasi-invisibilité de l’école primaire dans le débat public. L’attention se porte presque exclusivement sur le collège et le lycée, alors que tous les enseignants savent que tout se joue dès les premières années de scolarisation. L’école maternelle et l’école élémentaire sont les fondations de notre système éducatif : c’est en leur consacrant davantage de moyens et en écoutant les professeurs de terrain — et non celles et ceux qui n’ont pas mis les pieds devant une classe depuis vingt ans, voire jamais — que l’on pourra bâtir une École réellement émancipatrice pour tous.
Leslie Theil-Verin