Entrée dans l’enseignement supérieur
Contribution de la section 319 des Bouches du Rhône au Projet du Parti Socialiste
Depuis 2018, l’accès des futures bachelières et des futurs bacheliers à la plupart des formations de l’enseignement supérieur se fait au travers du dispositif Parcoursup. Malgré plusieurs évolutions, ce dispositif continue à susciter de nombreuses critiques. Il a introduit, quoiqu’en dise le ministère, la sélection à l’entrée de l’université, d’autant plus forte que les formations sont réputées. Il est anxiogène et chronophage pour les candidates et les candidats et leur famille confrontées aux très nombreuses formations proposées sans toujours avoir les connaissances nécessaires pour faire des choix. Il alourdit la charge du personnel enseignant et administratif des lycées et des universités. Compte tenu du nombre de choix possibles et de la non-hiérarchisation de ceux-ci, les jurys doivent examiner un très grand nombre de dossiers au regard du nombre de places offertes. Enfin, Parcoursup peut conduire à une démobilisation des lycéens et des lycéens au 3e trimestre puisque les notes obtenues ne compteront plus pour l’accès à l’enseignement supérieur.
Améliorer Parcoursup ou le supprimer ? La question se pose.
La plate-forme Parcoursup est un outil très utile pour préparer les futures bachelières et les futurs bacheliers à leur l’entrée dans l’enseignement supérieur. Elle offre une carte des formations très complète et des conseils pour construire son projet d’orientation. Il faut la conserver. Par contre, la formulation des vœux n’est pas simple : 10 choix de formations, non hiérarchisé, déclinés pour certains d’entre eux en 10 sous-choix parmi un grand nombre de formations accessibles (25 000, en 2025). Le nombre de places étant limité même dans les formations dites non sélectives, une candidate ou candidat doit à la fois choisir les formations qui correspondent à son projet d’orientation et y ajouter des formations moins souhaitées pour se donner toutes les chances d’avoir une place dans l’enseignement supérieur. Ce n’est pas le nombre de choix possibles qu’il faut augmenter mais le nombre de places dans les formations en tension, en licence notamment. Cette augmentation pourrait être décidée à partir de bilans réguliers des procédures d’admission.
L’accès à l’enseignement supérieur doit se préparer dès le lycée. Par l’accompagnement à l’orientation en seconde, dont il faudrait renforcer les moyens, et par la découverte de l’université. La plupart des universités ont établi des liens avec les lycées du même secteur géographique et leurs équipes enseignantes. Elles organisent différentes activités à l’attention des lycéennes et des lycéens : visite des départements et des laboratoires, journées lycéennes, participation à des concours scientifiques, rencontres avec d’anciennes ou d’anciens élèves, etc. Il faut les encourager à y participer car c’est souvent aux formations offertes par ces universités qu’ils candidateront. Elles ou ils y seront d’autant mieux préparés.
Par ailleurs, il faut redonner aux universités qui accueillent chaque année près de 50 % des bachelières ou des bacheliers les moyens d’assurer leurs missions : augmentation de leurs moyens humains et de fonctionnement, rénovation de leur parc immobilier, etc. Il faut aussi améliorer les conditions de vie des étudiants ou des étudiants dont la précarité, progresse notamment chez celles ou ceux de nationalité étrangère : prévoir un nombre suffisant de restaurants et de cités universitaires, augmenter le nombre et le montant des bourses, mieux prendre en compte leur état de santé, etc.
Enfin, il faut mettre un frein à l’essor des formations supérieures privées à but lucratif et en assurer un contrôle très strict. Ces formations, malgré leur coût qui peut être élevé et une qualité qui n’est pas toujours garantie, attirent de plus en plus les lycéens et leur familles, séduits par un marketing offensif et parfois trompeur.
Jacques Le Maitre