État des lieux :
Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, sur les doctorants en première année en 2023, environ 50% des inscrits en sciences humaines et sociales ont obtenu un financement. Cela est très variable selon les spécialités plus faibles en arts, lettres et langues (compris ici dans les sciences humaines et sociales). Derrière ce chiffre, se cache une réalité quotidienne difficile pour des milliers de jeunes. Une thèse représente, en effet, un travail important et très prenant. Pour être pleinement réussie et permettre une insertion professionnelle déjà compliqué, le doctorant doit en plus de l’écriture de celle-ci, effectuer un travail de recherche dans les archives et/ou d’entretiens, participer à des colloques ou journées d’étude à travers la France et dans d’autres pays, donner des heures d’enseignement dans une université (qui n’est pas toujours celle où il effectue son doctorat) sans compter la vie personnelle et de famille. Une thèse non financée implique, en effet, qu’en plus de tout cela, le doctorant doit avoir un emploi à temps-plein, qui souvent ne lui apporte rien dans sa thèse, mais lui sert à se nourrir.
Cette même note de 2024 nous apprend que plus d’un tiers des doctorants effectue sa thèse en plus de six ans en sciences humaines et sociales. Le financement étant de trois ans, beaucoup de doctorants financés se retrouvent à devoir terminer leur thèse en travaillant ou en vivant du chômage avec des relances fréquentes, le système de chômage n’étant pas adapté pour ces situations particulières. Lors d’une étude réalisée en 2022-2023 par le RNCD (Réseau national des collèges doctoraux) en France, 50% des doctorants s’estiment isolés et 54% exposés au stress, l’insécurité financière en étant la cause principale. En plus de ces chiffres, cette situation conduit à une hausse des abandons en cours de thèse, négatif pour le doctorant et pour le monde de la recherche dans son ensemble. Il paraît donc urgent d’améliorer cette situation.
Propositions :
– Ajuster la durée de financement de la thèse en fonction du projet.
– Garantir un financement pour tous les projets de thèse estimés solides par l’école doctorale ou le laboratoire.
– Assurer un meilleur encadrement par une meilleure formation des directeurs de thèse et un meilleur suivi des écoles doctorales (fait en partie avec la mise en place des Comités de suivi individuel et la restriction du nombre de doctorant par directeur mais insuffisant).
– Augmenter les salaires des doctorants financés et des ATER (Attaché temporaire d’enseignement et de recherche).
Pauline Collet