Pour une désescalade numérique

Limiter la dépendance au numérique pour rétablir une sécurité élémentaire face au risque de cyberattaques et de pannes des réseaux (d’électricité, de télécommunication…). Garantir l’accès aux droits sociaux et aux services publics sans numérique. Valoriser l’humain et à construire des emplois pérennes à l’échelle des communes. Limiter les dégâts écologiques et sanitaires du numérique.

1. Sécuriser les services essentiels « hors réseau »

En avril 2025, la péninsule ibérique a été privée de courant pendant 24h. Face aux risques croissants d’intempéries et de cyberattaques, la vie doit pouvoir continuer : eau, écoles, soins, secours… Le plan de sauvegarde municipal devrait prendre en compte le risque de rupture de réseau, la commune limiter sa dépendance aux infrastructures électriques et informatiques.

2. Assurer une gestion municipale sobre et dégafamisée

Les institutions publiques ne peuvent plus se permettre d’adosser leur communication à Twitter ou Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), encore moins de collecter des données pour ces entreprises, pas plus que d’inciter la population à en être cliente. La municipalité devrait diffuser l’information via des canaux maîtrisés (newsletters, affichage, etc.) et utiliser des logiciels libres (en formant son personnel).

3. Garantir un service public humain

En France, plus d’une personne sur six rencontre des difficultés avec le numérique et une personne sur dix n’a pas de smartphone. La municipalité devrait garantir un « droit au non-numérique » avec guichets, téléphone ou courrier. Ce qui implique de revaloriser les métiers des agent.es, piliers d’un service public humain.

4. Favoriser les emplois, pas les IA

De plus en plus d’emplois sont vidés de leur sens ou supprimés par les plateformes et l’IA. La municipalité devrait contribuer à créer des métiers utiles et durables en impulsant ou en soutenant des activités de recyclage et de réemploi. Un guichet de services informatiques aiderait les habitant.es de la commune à faire durer leurs appareils, à se protéger contre les publicités et les escroqueries.

5. Assurer la sécurité sans vidéo-surveillance

La vidéosurveillance, coûteuse, n’élucide que 1 % des enquêtes et son effet dissuasif est marginal. La commune devrait refuser l’escalade vers la surveillance algorithmique et investir dans des moyens humains : prévention des violences, lutte contre la criminalité, médiation, soutien aux familles.

6. Bannir les écrans publicitaires de l’espace public

85% souhaitent interdire les écrans publicitaires. Ils n’ont aucun intérêt collectif, mais des impacts négatifs avérés : gaspillage d’électricité, pollution lumineuse, incitation à la surconsommation. La municipalité devrait interdire ces dispositifs via son Règlement Local de Publicité, comme l’ont déjà fait plusieurs villes.

7. Favoriser une école ouverte et créative

Les enfants passent déjà en moyenne 4h11 par jour sur écran, hors école, avec de graves conséquences sur leur santé. La municipalité ne devrait pas investir dans les tablettes numériques et les Environnements numériques de travail (ENT) à l’école primaire. Elle doit favoriser les sorties de plein air, l’accès à la culture et des séjours de « digital detox ».

8. Lutter contre l’Airbnbisation de l’habitat

En facilitant la location de courte durée, les plateformes comme Airbnb font flamber les prix et raréfient les locations. La municipalité doit s’appuyer sur la loi Le Meur pour fixer des quotas et, si besoin, s’impliquer à l’échelle intercommunale pour limiter les locations touristiques.

9. Refuser l’installation de data centers

Les data centers, qui stockent les données du numérique (emails, vidéos, objets connectés…), consomment désormais chacun autant d’électricité qu’une ville, pompent des millions de litres d’eau, et créent très peu d’emplois. La municipalité devrait refuser l’implantation des data centers de plus de 2000 m2 dans son PLUI et informer le public sur les impacts des services fondés sur la collecte de données et le recours massif à l’IA.

10. Limiter l’exposition électromagnétique

Le déploiement de la 5G fait exploser le nombre d’antennes-relais, aggravant la consommation énergétique et le réchauffement climatique. Les ondes posent également des risques sanitaires mal évalués. La municipalité devrait appliquer le principe de précaution, privilégier les connexions filaires et limiter l’implantation d’antennes, en particulier sur les toits des logements sociaux.