Le droit à l’éducation est un droit reconnu à chaque individu, chaque enfant.
Mais, le collège unique n’est pas la structure permettant d’assurer le respect de ce droit dans de bonnes conditions.
Certains élèves n’ont pas le goût du savoir intellectuel mais ont de réelles capacités techniques. Il faut leur permettre de développer et valoriser leur savoir-faire en adaptant le temps des enseignements scolaires. Comment est-il supportable qu’un élève qui entre en 6° réussisse mieux que lorsqu’il quitte le collège? Le collège unique est maltraitant. Un élève qui ne maîtrise pas les opérations de base doit tout de même faire des exercices sur Thalès et Pythagore. Or, n’en comprenant pas l’utilité et ne possédant pas les pré-requis nécessaires à sa compréhension, il en vient à se dévaloriser, à baisser les bras et n’étant plus entraîné à renforcer ses connaissances, il en vient à les désapprendre. Or, s’il était orienté vers une filière technique où la maîtrise de ces savoirs était nécessaire, il pourrait travailler cette compétence à son rythme. Cessons de dénigrer les voies professionnelles et donnons leur de vrais moyens. Les élèves pourraient renouer avec la réussite, avoir une meilleure estime d’eux-mêmes et ensuite poursuivre vers des filières supérieures. L’alternance et la découverte des difficultés du monde du travail, pourrait aussi remobiliser certains élèves et les inciter à poursuivre leurs études.
Cessons de « surmédicaliser » l’accueil des élèves et rendons les autonomes. Pour les élèves dyslexiques, arrêtons de demander aux enseignants d’adapter leurs cours ou notations. Au contraire, les enseignants doivent rester dans leur rôle et aider les élèves à besoin particulier à utiliser les outils qui doivent leur permettre de s’adapter aux exigences de la société. Car, à force de faire des adaptations, nous rendons les élèves assistés et inaptes. Plus tard, dans le monde du travail, personne ne leur espacera la note de service de façon à ce qu’ils parviennent à la lire. Donc, donnons leur les mêmes documents et entraînons les à savoir les adapter en fonction de leurs besoins. De cette façon, les enseignants pourront renouer avec l’exigence alors qu’aujourd’hui, pour ne pas blesser, on aménage la notation, sans compter l’orthographe ou en proposant des QCM dépourvus de toute réflexion.
Enfin, que les élèves avec les pathologies les plus lourdes soient orientés vers des structures adaptées. Comment peut-on imaginer que mettre un élève qui a un niveau CE1 en français ou en mathématiques puisse être intégré? Certes, quand un dispositif avec des places suffisantes existe, ces élèves peuvent être isolés en petits groupes pour travailler selon leur niveau. Mais, comment imaginer que ces mêmes élèves qui ne maîtrisent pas ces savoirs fondamentaux puissent comprendre un cours d’histoire-géographie? Lire des documents, les analyser et les mettre en perspective, ce n’est pas seulement se raconter une belle histoire pour se divertir. Cela demande des moyens intellectuels. Certes, on peut là encore adapter les exercices, mais quand un élève ne sait pas distinguer un pays d’un continent, ne sait pas lire un graphique ou n’a pas de mots suffisants pour décrypter un document iconographique, est-ce utile? Oui, l’élève est avec les autres! Mais il ne fait que mesurer sa différences. Les autres, sans être maltraitants, ne peuvent qu’être excluants pour ces élèves avec qui ils ne partagent pas grand chose.
Pire encore quand les places disponibles dans ces dispositifs ULIS sont insuffisantes. Les élèves ayant des notifications sont dans l’attente d’une place et pour cela sont placés au milieu des autres élèves. Là encore les enseignants DOIVENT adapter. Certes, ils sont fonctionnaires et doivent faire ce qu’on leur demande. Mais comment espérer qu’alors qu’on travaille sur un texte des Lumières, on puisse permettre à des élèves handicapés intellectuellement d’accéder à la connaissance. En outre, l’enseignant peut s’estimer heureux si ledit élève sait respecter les règles de la classe. Mais comment n’aurait-il pas sa patience mise à rude épreuve quand tout au long de la journée on lui parle une langue (leur langue certes mais à un niveau de maîtrise tel qu’elle en devient) étrangère. Quand des chefs d’établissement, aussi démunis que leurs personnels, doivent leur dire, « faites lire des BD à l’élève pour l’occuper ». Cela devient maltraitant pour l’élève mais aussi pour l’enseignant. Peut-on imaginer un travail différencié, une étude niveau CE1 pendant que d’autres élèves travaillent au niveau 3°? De qui se moque-t-on? Et malgré leur bonne volonté, les AVS toujours en nombre insuffisant, ne peuvent qu’être désolée par leur propre impuissance.
Donc, refondons une école qui a du sens, qui donne à chacun selon ses besoins.
Le même temps scolaire mais dans des structures différentes, avec des moyens et des objectifs différents.
Profitons de la baisse des effectifs liés à la démographie pour redonner toute son exigence à l’école.
Permettons aux élèves qui ont toutes leurs facultés intellectuelles de pouvoir réussir dans une école publique qui les amène à se dépasser. Dans ces conditions, les objectifs de formation d’ingénieur(e)s pourront être atteints et la France cessera de se flageller en regardant les classements PISA.
Donnons à tous les élèves les mêmes chances, à savoir parvenir à s’intégrer dans la vie professionnelle. Pour cela, formons les correctement en fonction de leurs aptitudes. Alors que là nous en laissons trop sur le côté. Redonnons leur fierté aux enseignants en leur permettant de voir s’épanouir tous les enfants.
Une école équitable pour former les citoyens de demain.