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Pour une école inclusive, au service du Pouvoir de Vivre (Section de Libourne)

Section socialiste de Libourne

Fédération de la Gironde (33)

Marlinka Chicoyneau de Lavalette – André Gamperts – Laurie Magimel

L’inclusion est une exigence républicaine et un impératif socialiste. Dans la perspective de l’éducation comme levier d’émancipation, l’école doit permettre à chaque enfant d’apprendre et de grandir dans le respect de sa dignité et de ses besoins spécifiques. Sans moyens concrets, l’inclusion n’est qu’un slogan. Avec des moyens, elle devient un pilier du Pouvoir de Vivre.

Aujourd’hui, la réalité contredit les discours. Des enfants sont placés en ULIS faute de place en IME. D’autres restent en classe ordinaire faute de dispositifs adaptés. Les listes d’attente explosent. Ni l’Éducation nationale ni le médico-social ne disposent des ressources nécessaires pour remplir leur mission. Ce ne sont pas des dysfonctionnements isolés, mais les symptômes d’un système en souffrance.

Une politique socialiste de l’éducation repose sur une idée simple : l’égalité ne se décrète pas, elle s’organise. L’école ne peut pas tout, seule. Elle doit être soutenue par un médico-social fort, des professionnels reconnus, des familles accompagnées et un État garant des droits.

Pour cela, il est essentiel de reconnaître et de professionnaliser les AESH : statut protecteur, rémunération décente, temps complet choisi, formation solide, intégration réelle dans les équipes éducatives.

Les enseignants doivent être formés et accompagnés : accès facilité aux équipes pluridisciplinaires, outils pédagogiques adaptés, articulation effective avec le médico-social, temps de concertation intégré dans leur service. L’inclusion ne peut reposer sur la débrouille ou la surcharge.

Le médico-social doit être « sauvé »: création de places en IME et ITEP, attractivité des métiers, financements pérennes des partenariats avec l’Éducation nationale, parcours fluides entre les structures.

Enfin, les familles doivent être pleinement soutenues : référents identifiés, accompagnement administratif, solutions de répit, délais raccourcis, droits réellement opposables. Il faut aussi reconnaître la réalité des aidants, très souvent des femmes, dont la charge invisible entraîne précarisation professionnelle et inégalités durables.

Garantir les droits des tous les enfants

Nous proposons un plan décennal d’investissement pour l’inclusion, avec financement pérenne et pilotage national. Ce plan repose sur des engagements précis :

  • Création massive de postes dans l’Éducation nationale et dans le médico-social.
  • Revalorisation immédiate des métiers du médico-social : salaires, conditions de travail, attractivité.
  • Plan national de sauvegarde des IME et ITEP : rénovation des bâtiments, extension des capacités d’accueil, stabilisation des équipes.

⟶ Objectif national : zéro enfant sans solution à chaque rentrée, avec obligation de résultat pour l’État.

Professionnaliser et sécuriser le métier d’AESH

Nous proposons :

  • La création d’un véritable statut dans la fonction publique pour les AESH.
  • La possibilité d’un temps complet choisi, mettant fin à la précarité contractuelle.
  • Une revalorisation salariale dès l’entrée dans le métier.
  • Une formation initiale obligatoire et une formation continue régulière.
  • Leur intégration pleine et entière dans les équipes éducatives, avec participation aux conseils et réunions.

Car on ne bâtit pas une école inclusive sur la précarité de celles et ceux qui la font vivre.

Former et protéger les enseignants pour qu’ils puissent inclure

Nous proposons de :

  • Renforcer la formation initiale sur les besoins éducatifs particuliers.
  • Rendre la formation continue obligatoire et intégrée au temps de service.
  • Garantir un accès facilité aux équipes pluridisciplinaires (psychologues, orthophonistes, éducateurs spécialisés).
  • Reconnaître et rémunérer le temps de concertation avec les AESH et les professionnels du médico-social.
  • Déployer des outils pédagogiques adaptés, mutualisés et financés.

Construire des parcours fluides entre école et médico-social

Nous proposons :

  • La garantie d’un transport adapté pour tous les enfants orientés en établissement spécialisé.
  • La mise en place d’un partage sécurisé des informations entre acteurs, pour mettre fin aux réévaluations incessantes.

Soutenir les familles et reconnaître les aidants

Nous proposons :

  • Un accompagnement administratif effectif face à la complexité des dispositifs.
  • Des solutions de répit accessibles partout, avec un soutien psychologique.
  • Des délais MDPH drastiquement raccourcis et encadrés par la loi.
  • La reconnaissance des aidants – en particulier des femmes – par :
  • Une compensation de la perte d’activité professionnelle,
  • Des congés aidants étendus,
  • Un droit effectif à la formation,
  • Une protection contre la précarisation.

Piloter, évaluer et garantir l’égalité sur tout le territoire

Enfin, nous proposons :

  • Un observatoire national de l’inclusion avec publication annuelle des résultats.
  • Des plans spécifiques pour les territoires les plus en tension.
  • Une participation des associations spécialisées à la gouvernance.
  • L’évaluation des politiques d’inclusion et des moyens engagés.

Lutter contre le déterminisme social : une exigence socialiste

L’inclusion ne concerne pas seulement le handicap. Elle concerne toutes les formes d’inégalités. Il n’y a pas d’émancipation sans justice scolaire.

Aussi nous proposons de :

  • Plafonner les effectifs à 20 élèves maximum en maternelle et en primaire et tendre vers 25 au collège et au lycée.
  • Revaloriser significativement les salaires des enseignants et du personnel éducatif pour attirer et fidéliser les talents, notamment dans les zones où le besoin est le plus fort.
  • Déployer un plan de lutte contre les inégalités scolaires (sur l’exemple de la Haute-Garonne).

Soutenir la jeunesse pour garantir l’autonomie réelle

Le Pouvoir de Vivre implique de sécuriser les parcours des jeunes.

Nous proposons :

  • La création d’une Allocation d’Autonomie Jeunesse pour les 18–25 ans, sans condition de revenus parentaux, pour garantir à tous l’accès à l’éducation, la formation, la culture, la mobilité et le logement.

Territorialiser le “Pouvoir de Vivre” : régions et communes au cœur de l’action

Au niveau régional :

  • Cibler massivement les financements de formation professionnelle (notamment l’apprentissage) vers les métiers de la transition écologique et les métiers du soin et du lien social (santé, éducation, services à la personne), en adéquation avec les besoins locaux.
  • Mettre en place des objectifs de mixité dans toutes les filières de formation professionnelle et technique (quotas minimaux), avec des incitations financières pour les CFA et lycées professionnels qui atteignent ces objectifs.
  • Développer et financer l’offre d’internats (notamment pour les lycées) pour permettre aux jeunes d’accéder à des établissements ou filières de qualité loin de leur domicile sans contrainte de transport excessive, favorisant ainsi la mixité sociale.
  • Assurer la gratuité ou des tarifs très réduits sur les transports régionaux (trains, cars) pour les élèves et les apprentis, facilitant l’accès au lieu de formation ou d’alternance.

Au niveau communal :

  • Créer un Pass Culture et Sport communal universel et gratuit, utilisable pour des activités périscolaires, des associations sportives ou l’accès aux équipements culturels (médiathèques, musées locaux).
  • Soutenir massivement les associations d’éducation populaire.
  • Garantir l’accès aux services publics de proximité (médiathèques, PMI, écoles de musique).
  • Déployer une offre périscolaire d’activités transversale à tarif social pour enrichir le parcours éducatif en dehors des heures de classes et généraliser l’aide aux devoirs.
  • Encourager la cantine à tarification progressive, garantissant un repas de qualité, accessible.

⟶ Donner à chaque enfant le Pouvoir de Vivre, ce n’est pas simplement promettre. C’est organiser, financer, protéger, évaluer et corriger nos dispositifs en faveur de l’égalité. C’est faire de l’éducation un investissement dans l’émancipation collective, plutôt qu’un coût. C’est donner un sens concret au Pouvoir de Vivre : le droit effectif, pour chaque enfant, d’apprendre, de grandir et de s’émanciper.

Laurie MAGIMEL