Dans un contexte de démographie médicale en berne, l’heure est plus que jamais à l’exercice pluridisciplinaire où chacun se doit de contribuer à la hauteur de ses compétences.
Aujourd’hui, les pharmaciens d’officine ne jouent pas assez ce rôle d’expert du médicament qu’ils sont. Les prescriptions potentiellement inappropriées représentent un danger pour les patients et un coût majeur pour la société alors même que de nombreux outils existent pour les repérer, les éviter. Cependant, cette démarche d’analyse pharmacologique est chronophage et se doit, pour sa réussite, d’impliquer l’ensemble de l’équipe de soins autour du patient (médecin, pharmacien, IDE…).
Il y a donc un besoin de coordination indispensable pour se faire qui devrait aujourd’hui être le cœur de métier du pharmacien d’officine.
Aussi, nous voyons tous les jours des pharmacies transformées en supermarché n’ayant rien à envier aux rayons parapharmacies des grandes surfaces, trop éloignées de la science et de l’intérêt des patients.
Cette contribution propose plusieurs pistes pour remettre le pharmacien d’officine au coeur du système de santé et lutter concomitamment contre la marchandisation accélérée du système de santé :
- valoriser l’expérience de pharmacien clinicien d’officine en rémunérant les analyses pharmaceutiques à la hauteur du service rendu, impliquant une refonte en profondeur du système de rémunération des pharmaciens libéraux ;
- épurer les pharmacies d’officine en en faisant avant tout des lieux de soin et non de commerce fantaisiste en faisant un tri drastique dans les médicaments et matériels vendus afin de ne garder que ceux scientifiquement éprouvés ;
- permettre la vente des médicaments à l’unité pour lutter contre le gaspillage.
Nicolas Faisantieu