Pour une souveraineté numérique au service du bien commun

L’informatique est devenue en quelques décennies une véritable révolution économique, puis sociétale. Elle structure nos vies quotidiennes, nos moyens de production, nos institutions, notre démocratie. Il est donc urgent que la gauche s’empare pleinement de cette question, non seulement pour réguler les excès du capitalisme numérique, mais aussi pour proposer une vision émancipatrice, écologique et solidaire du numérique.

Cette contribution a été rédigée par des militants Jeunes Socialistes informaticiens, issus de plusieurs fédérations. Nous proposons une série de mesures concrètes autour de plusieurs axes prioritaires :

1. Souveraineté technologique et soutien au logiciel libre

Création d’une taxe spécifique sur les grandes entreprises destinée à financer le développement de logiciels libres.

Migration progressive des administrations et services publics vers des systèmes d’exploitation libres (Linux) et des logiciels open source, afin de renforcer la transparence et l’indépendance technologique de l’État.

Création d’un cloud souverain français et/ou européen pour héberger les données sensibles des citoyens, des entreprises et des institutions publiques.

Financement massif de la recherche française, européenne et open source sur les composants électroniques (semi-conducteurs, processeurs, etc.), pour sortir de la dépendance aux États-Unis.

2. Recherche publique et innovation ouverte

Lancement de grands programmes nationaux de recherche informatique, sur le modèle du CNRS ou de l’INRIA, orientés vers le long terme :

Programme « Jacques Cartier » : financement de petites équipes de recherche exploratoire dans des domaines encore peu compris mais prometteurs.

Programme « L’informatique au service de la société » : soutien aux projets qui visent une informatique plus durable, éthique et socialement utile.

Programme « Du labo à l’usine » : création de passerelles efficaces entre la recherche publique et les grands industriels européens (comme Airbus, Thales, etc.) pour intégrer les dernières avancées technologiques dans la production.

3. Droits numériques

Inscription dans la Constitution d’un droit fondamental à l’anonymat sur Internet, garant de la liberté d’expression et de la vie privée à l’ère numérique.

Rendre les décisions de la CNIL juridiquement contraignantes, et renforcer ses moyens d’action face aux géants du numérique.

Mise en place d’un NutriScore de l’IA : indicateur de l’usage de l’Intelligence Artificielle dans les produits et services commercialisés

4. Informatique et formation

Une formation tout au long de la scolarité à l’informatique, à son usage vertueux et à ses risques

Création d’un pass numérique pour acheter un ordinateur ou des logiciels assermentés pour garantir à chaque jeune l’accès aux outils numériques indispensables à sa réussite scolaire et à son autonomie professionnelle.

Création de guides de bonnes pratiques sur la cybersécurité pour tous les niveaux

Conclusion

La gauche doit faire du numérique un levier de transformation sociale, démocratique et écologique. Face à l’hégémonie des multinationales et à l’opacité des algorithmes, il est de notre responsabilité de construire un numérique souverain, éthique, libre et au service du bien commun.

Andreas Mulard