Le jeu vidéo est aujourd’hui la première industrie culturelle au monde. En France, il représente un secteur dynamique, à la croisée de la création artistique, de l’innovation technologique et du divertissement populaire. Pourtant, il demeure encore insuffisamment reconnu comme un pilier de notre politique culturelle et économique.
Cette contribution a été rédigée par des membres des Jeunes Socialistes informaticiens, organisateurs d’événement dans le jeux vidéo, issus de plusieurs départements, soucieux de défendre une vision progressiste, souveraine et équitable du numérique et du jeu vidéo.
Pour répondre à cet enjeu à la fois économique et culturel, nous proposons les mesures suivantes :
1. Repenser la propriété numérique du jeu vidéo
Acheter un jeu doit équivaloir à acheter un droit durable d’y jouer, même si l’éditeur cesse de le commercialiser ou d’en maintenir les serveurs. Les joueuses et joueurs doivent avoir le droit d’héberger eux-mêmes le jeu (par exemple via un serveur personnel ou communautaire), si aucune alternative légale n’est proposée par l’éditeur.
Créer une bibliothèque nationale du jeu vidéo, sous forme d’archive publique en ligne, permettant de préserver et de rendre accessibles les jeux vidéo qui ne sont plus distribués légalement. Tout jeu retiré du commerce sans alternative doit pouvoir être téléchargé gratuitement depuis cette bibliothèque.
2. Encadrer les microtransactions et lutter contre les dérives
Le prix réel des objets vendus dans les jeux vidéo doit obligatoirement être affiché en euros, même lorsqu’ils sont achetés avec une monnaie virtuelle.
Il doit être obligatoire de pouvoir acheter exactement le montant de monnaie virtuelle nécessaire, sans forcer les consommateurs à acheter plus que ce dont ils ont besoin.
3. Soutenir la création vidéoludique française
Renforcer le financement public des petits studios indépendants français, en particulier ceux qui proposent des expériences narratives, expérimentales ou engagées.
Soutenir et développer les “game jams”, ces événements créatifs où des équipes conçoivent un jeu en quelques jours, véritables laboratoires d’innovation et d’émancipation culturelle.
Intégrer davantage le jeu vidéo dans les politiques culturelles locales et nationales, au même titre que le cinéma, la littérature ou la musique.
Conclusion
Le jeu vidéo n’est pas qu’un produit de consommation : c’est un objet culturel, un vecteur de sens, un outil d’expression. Il mérite une politique ambitieuse, à la hauteur de son importance dans la société contemporaine. La gauche doit porter cette ambition, en articulant soutien à la création, protection des consommateurs et préservation du patrimoine vidéoludique.
Andreas Mulard