Redonner à la France sa chance d’être innovante

En tant que chercheur en biologie avec un statut précaire et qui connais bien le milieu académique, je souhaiterais faire partie d’un groupe de réflexions et d’actions sur l’intégration des chercheurs français dans le milieu public et le milieu privé grâce à une politique de « prise de risques » qui génère de l’innovation via le dépôt de nouveaux brevets.

Il faut que la France se donne pleinement les moyens de conserver ses « cerveaux » qui, malgré une formation d’excellence sont pour la plus grande majorité obligés de quitter le pays pour trouver un travail, ou s’ils restent en France ils sont sous le coup de la loi Sauvadet qui, au bout de 6 années passées dans la recherche publique empêche le chercheur contractuel de pouvoir poursuivre sa carrière s’il n’a pas obtenu le concours. Trop de chercheurs se retrouvent au bord de la route sans aides et sans moyens et la passerelle vers le privée n’étant pas aisée car mal définie, beaucoup se reconvertissent et quittent le milieu de la recherche après tant d’années d’études et de sacrifices. La France se paie donc le luxe de perdre des chercheurs talentueux car elle ne met aucun moyen pour les conserver et les intégrer au marché du travail. Le système de concours est bien trop ambigu et partial car il repose majoritairement sur le nombre de publications et leur niveau d’impact ce qui ne correspond pour autant pas forcément à la qualité du chercheur qui parce qu’il a eu la chance d’être dans un « gros » labo et a été impliqué dans des grosses études se retrouve bien placé parmi les auteurs. Dans ce milieu le fait d’avoir un réseau est aussi un avantage que n’ont pas tous les chercheurs et c’est aussi souvent ce qui fait la différence entre ceux qui vont au concours avec une réelle chance et les autres qui restent de très bons chercheurs mais qui n’ont pas les connexions nécessaires pour faire progresser leur carrière.

Il faut véritablement changer ce système si l’on veut redevenir une puissance indépendante scientifiquement.

Alexandre Ghenassia