Je m’adresse à ma famille politique avec l’expérience vécue de ceux qui travaillent dur sans toujours en voir le fruit. Ma mère, aide-soignante, a usé sa santé à l’hôpital public pour soigner les autres ; mon père a donné sa vie au secteur privé. Moi-même, après dix ans à servir l’État, je suis devenu auto-entrepreneur, découvrant la réalité sans filet de ceux qui créent leur propre emploi. Nous sommes cette France des « essentiels » qui ne demande qu’à vivre dignement de son travail, mais qui se sent aujourd’hui méprisée.
Un fossé indécent se creuse sous nos yeux. Alors que l’inflation rogne les vies modestes et que nos services publics souffrent, les super-profits explosent et les dividendes atteignent des records historiques sans ruisseler vers ceux qui créent la richesse. Cette déconnexion est un poison démocratique. Il est insupportable de constater que la spéculation et la détention de capital sont aujourd’hui infiniment mieux rémunérées que le soin, l’effort ou la prise de risque réelle.
Pour refonder notre projet, je propose une mesure de rupture claire : le « Pacte de Partage ». Il s’agit d’inscrire dans la loi la règle du « 1 pour 1 ». Désormais, il doit être interdit de verser un euro de dividende aux actionnaires sans qu’un euro soit simultanément versé aux travailleurs (sous forme de hausse de salaire ou de prime pérenne) ou investi dans l’outil productif et la bifurcation écologique.
Cette proposition replace l’économie au service de l’humain. Elle permettrait de revaloriser immédiatement le pouvoir de vivre, de financer notre souveraineté industrielle et de s’assurer que l’entreprise prépare l’avenir plutôt que de servir une rentabilité court-termiste. C’est le seul moyen de renouer avec la promesse socialiste : faire en sorte que le travail paie, et que l’argent serve l’intérêt général.
Mallory Antomarchi