Réformer utilement les institutions

La dernière enquête du CEVIPOF (septembre 2025) portant sur les préoccupations des Français exprimées de façon spontanée (non suggérée) a révélé que nos concitoyens plaçaient en tête « la vie politique » (30% des citations) devant l’inflation et le pouvoir d’achat (27%), la justice et criminalité (24%), le budget et la dette nationale (21%) et l’immigration (20%). Dans le détail, les sous-thèmes les plus fréquents sont : la délégitimation personnelle du chef de l’État ; le rejet de classe politique perçue comme une élite déconnectée et prédatrice ; et la remise en cause des institutions dans leur fonctionnement voire leur architecture.

Ces opinions résultent bien sûr de la situation d’instabilité politique créée par la dissolution : absence de majorité, succession de gouvernements.

A la lumière de l’histoire récente, plusieurs réformes s’imposent dont en priorité :

 Tout d’abord, la clarification des rôles entre le Président et le Premier Ministre pour sortir de l’hyper-présidence et redonner au second son rôle de chef de la majorité et du gouvernement par plusieurs moyens :

o Un seul mandat de 7 ans pour le Président, pour le mettre au-dessus de la mêlée, garant des institutions, chef des armées, et porteur des grandes orientations de la Nation ;

o L’élection du Premier Ministre par l’Assemblée Nationale, après avoir été appelé par le Président à rechercher une majorité ou une coalition sur la base d’un contrat de gouvernement, validé par un vote de confiance, avant de le former.

 Introduire la « censure constructive », à l’instar de l’Allemagne ou de l’Espagne notamment, disposant qu’on ne peut renverser le gouvernement qu’à condition de le remplacer par un autre cabinet fondé sur une autre majorité.

 Ensuite, pour les élections législatives compléter le mode de scrutin par circonscription (en réduisant leur nombre à environ 470, de façon à ne pas perdre le lien avec les territoires) par environ 100 députés élus à la proportionnelle sur la base des résultats du premier tour (listes régionales ; avec un seuil minimum de 5% des exprimés).

 Revoir le mode d’élection des sénateurs pour assurer une meilleure représentation des territoires urbains.

 Enfin, réformer le CESE pour en faire définitivement le lieu des conventions citoyennes, plus productives que les avis du CESE.

Jean-Claude GIBLIN