FranceConnect pourrait simultanément réduire la fracture numérique et améliorer la régulation des réseaux sociaux. En simplifiant l’accès aux services publics et en permettant une identification sécurisée mais anonyme, le dispositif offrirait un équilibre entre inclusion, protection des données et responsabilisation en ligne. Texte déposé dans le cadre du 81e congrès : https://www.parti-socialiste.fr/trouver_l_equilibre_entre_anonymat_et_responsabilite_en_ligne
À l’ère du numérique, l’accès aux services en ligne et la régulation des plateformes sont devenus des enjeux majeurs pour nos sociétés. D’un côté, la complexité des démarches administratives en ligne alimente la fracture numérique, privant de nombreux·ses citoyen·nes d’un accès fluide aux services essentiels. De l’autre, les réseaux sociaux sont devenus des espaces où se jouent des débats démocratiques cruciaux, mais aussi des terrains propices à la désinformation, au harcèlement et à la manipulation de l’opinion.
Face à ces défis, FranceConnect apparaît comme un outil stratégique pour garantir à la fois une accessibilité numérique renforcéeet une meilleure régulation des espaces en ligne, sans compromettre le droit à l’anonymat. En permettant une authentification sécurisée et certifiée, tout en garantissant la confidentialité des données des utilisateur·rices, ce dispositif pourrait servir de levier pour instaurer un Internet plus responsable. Il s’agit non seulement de simplifier l’accès aux services publics et associatifs, mais aussi de poser les bases d’un modèle où l’identité numérique ne devient pas un frein à la liberté d’expression, mais un moyen de favoriser la confiance et la responsabilité en ligne.
Une simplification nécessaire pour une accessibilité accrue
FranceConnect est aujourd’hui un dispositif reconnu et éprouvé, permettant aux citoyen·nes de s’authentifier sur de nombreux services en ligne à l’aide d’un seul identifiant sécurisé, issu d’organismes de confiance tels que l’Assurance Maladie, la Poste ou les impôts. En élargissant son usage à d’autres plateformes, notamment municipales ou associatives, nous permettrons à un plus grand nombre de citoyen·nes d’accéder facilement à des services variés : inscriptions scolaires, réservations de crèches, demandes d’aides sociales, ou encore accès aux services culturels et sportifs locaux. Le numérique est souvent perçu comme un levier d’inclusion, mais il peut aussi être un facteur d’exclusion lorsque l’accès aux services est trop complexe. Les publics en situation de vulnérabilité, notamment les personnes âgées, les personnes en situation de handicap ou celles éloignées du numérique, bénéficieraient particulièrement d’un accès simplifié via un dispositif qu’ils connaissent déjà. FranceConnect agit ainsi comme un outil facilitateur universel, garantissant un accès fluide et équitable aux démarches administratives et aux services du quotidien.
Un levier de sécurité et de confiance
Si la centralisation des accès peut soulever des interrogations sur la protection des données, FranceConnect repose sur des standards de sécurité élevés et des principes de confidentialité stricts. Contrairement à des solutions de social login privées (Google, Facebook, etc.), ce système garantit une maîtrise des données par l’utilisateur et une indépendance vis-à-vis des géants du numérique. L’enjeu est donc aussi de renforcer la souveraineté numérique de l’État et des collectivités locales.
Anonymat, réseaux sociaux et identification sécurisée
Un des défis majeurs de l’espace numérique actuel est la régulation des interactions sur les réseaux sociaux, où l’anonymat total peut faciliter la désinformation, les discours de haine ou le harcèlement en ligne. L’intégration de FranceConnect dans ces plateformes permettrait de concilier anonymat préservé et identification sécurisée, grâce à un système où les plateformes n’auraient pas accès aux données personnelles des utilisateur·rices, mais seulement à un identifiant unique non traçable.
Avec cette approche, l’accès aux services en ligne serait structurée autour de deux niveaux :
Comptes anonymes classiques, où l’utilisateur peut interagir librement au sein des plateformes.
Comptes vérifiés via FranceConnect, offrant une garantie d’authenticité sans révéler l’identité réelle de l’utilisateur aux plateformes. Nous pourrions imaginer la mise en place obligatoire d’une pastille à côté du pseudonyme, permettant aux autres utilisateur·rices d’identifier ces comptes vérifiés.
Ce modèle garantit à la fois la protection de la vie privée des utilisateur·rices et une régulation plus efficace des plateformes, en rendant possible une distinction claire entre comptes vérifiés et non vérifiés sans pour autant lever l’anonymat.
Un impact concret sur la régulation des réseaux sociaux
L’un des enjeux majeurs des plateformes numériques est de concilier liberté d’expression et responsabilité. Aujourd’hui, les réseaux sociaux sont à la fois des lieux d’échange et des espaces où prolifèrent la désinformation, le harcèlement et les discours haineux. L’intégration d’un système d’authentification par FranceConnect pourrait être un levier puissant pour réguler ces espaces en garantissant une traçabilité sans compromission de l’anonymat. En complément, cela permettrait la mise en place de mesures concrètes :
Donner la possibilité aux utilisateur·rices de masquer tout contenu publié par des utilisateurs non vérifiés.
Mettre en basse priorité l
Sébastien Girardot